Parlez-moi d’élections!
2006.01.24 • Feeling, Politique
Lundi dernier, les Canadiens ont élu un gouvernement conservateur pour la première fois depuis des années. Bien que plusieurs médias démonisaient Stephen Harper et son parti en début de campagne, les électeurs se devaient de remplacer l’ancien gouvernement et il n’y avait pas d’autres alternatives. Avoir accepté d’être dirigé par le Parti Libéral une cinquième fois (après le Scandale des commandites et l’affaire Option Canada pour ne nommer que ces embûches) aurait sérieusement mis en péril l’intégrité de la démocratie canadienne.

Let It Be a Conservative Minority Government
Avez-vous voté «stratégique»?
Plusieurs électeurs tentent constamment de deviner, à l’aide de sondages d’opinion et d’autres sources d’informations, pour qui la majorité de l’électorat va voter, afin de freiner (si nécessaire à leurs yeux) le mouvement et voter de façon «stratégique». Ce qui donne lieu la plupart du temps à des partisans néo-démocrates qui préfèrent voter Libéral, ou des partisans bloquistes votant Conservateur. C’est exactement ce qui s’est passé ici, et exactement pourquoi il est préférable de ne jamais embarquer dans ce manège.
Si vous vouliez que les intérêts du Québec passent en premier, au détriment de celui du reste du Canada (c’est mon cas, je considère qu’ils sont suffisamment représentés par les autres partis), vous deviez voter pour le Bloc Québecois. Si vous vouliez que les intérêts de la collectivité canadienne passent en premier, par la force de programmes sociaux, vous deviez voter pour le Nouveau Parti Démocratique. Si vous vouliez que les intérêts de l’individu canadien passent en premier, avec une diminution à long terme de services, mais plus d’argents dans vos poches (et celles des grandes entreprises), vous deviez voter pour le Parti Conservateur. Certes, je suis vulgaire, mais je ne suis pas faux…
Le Parti Libéral n’a réussi qu’à se détruire en cherchant à «sauver le Canada». Il croit depuis trop longtemps que le pouvoir lui est dû (y a-t-il plus arrogant que Jean Lapierre?). Il ne méritait pas l’appui de personne.
Le Bloc Québecois perd de l’aile
Non, le Bloc Québecois ne perd pas de l’aile. Il a simplement perdu des comtés de la couronne de la ville de Québec au détriment de votes stratégiques pour supplanter le Parti Libéral. Il est possible que la vague conservatrice ait éveillé certains Québécois, mais la peur de voir un gouvernement fédéral sans ministres québécois semble être responsable de l’élection de députés du Parti Conservateur dans cette région. Une attention particulière devrait être portée à cet endroit lors de la prochaine élection…
André Arthur et la balance du pouvoir?
Dans le cas particulier où le Bloc Québecois (51) se rangerait avec le Parti Libéral (103) pour s’opposer à une loi proposée par le gouvernement Conservateur (124) et appuyé par le Nouveau Parti Démocratique (29), André Arthur serait maître de la situation. S’il décide de se ranger avec le gouvernement, il égalise la marque et le vote du président de la chambre va systématiquement suivre la décision du gouvernement. Si André Arthur préfère se ranger avec le Bloc et les Libéraux, la loi ne passera pas. De cette même façon, il pourrait potentiellement faire tomber ou non le gouvernement.
Il sera intéressant de voir la suite des événements, à savoir si le député indépendant aura l’occasion d’exercer ce genre de pouvoir sur le gouvernement…
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