Plajia : un trio balancé
2007.03.03 • Ailleurs, Musique, Podcast
Samedi dernier avait lieu un concert du groupe montréalais Plajia au Petit Campus. Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas leur musique, vous devriez franchement vous inscrire à mon podcast ou consultez le site officiel de la formation.

On compare rapidement leur son à celui de Radiohead (la voix de Patrick Pleau y est sans doute pour beaucoup) même si, selon ma blonde, Thom Yorke et ses acolytes peuvent aller se rhabiller. Par contre, Plajia se distinct sur l’aspect progressif de sa musique beaucoup plus prononcée et peut-être «l’ambiance de salon» qu’ils ont instauré sur scène à l’aide de quelques lampes abat-jour.
Je connaissais quelques chansons de leur répertoire pour avoir consulter leur MySpace l’été dernier, et chérissais particulièrement la chanson Cecilia’s Children et sa guitare surf lors du pont musical, rappelant un peu celle de Dick Dale sur la chanson Misirlou (mieux connu comme le thème du film Pulp Ficiton). Entendre cette chanson en début de spectacle (la deuxième de la soirée) m’a carrément jeté par terre; peut-être était-ce un peu trop intense pour quelque chose que j’aurais préféré en dessert? Mais en même temps, c’était une bonne façon de réveiller une salle plutôt éteinte, à croire que le public n’était pas en mesure d’apprécier le travail que ce groupe somme toute inconnu avait derrière la cravate.
Je n’en suis pas à mon premier concert rock. Pourtant, c’est la première fois que j’ai enfin l’occasion d’entendre une prestation live d’une qualité exceptionnelle, supérieure à celle enregistrée en studio lorsqu’on la compare avec les chansons tirées de leur démo. L’expérience acquise par le chanteur Patrick Pleau, Bryan Ortiz à la basse et Jean-François Lefoll à la batterie est par conséquent irréfutable, la formation ayant nécessairement pratiquée / interprétée ces chansons compulsivement, traînant l’enregistrement de certaines d’entres-elles depuis 2004.
La balance entre les trois complices sur scène démarque également Plajia de votre groupe rock typique puisque tous les musiciens obtiennent leur moment d’attention. Patrick remplit le rôle classique du chanteur, en plus de servir simultanément de guitariste ou pianiste. Il donne également le contexte aux chansons. J-F. de son côté, échange des blagues avec la foule et s’approprie le rôle d’éclairagiste lorsque vient le moment de tomber en mode «salon». Bryan quant à lui est le seul du trio pouvant se permettre de bouger, sursautant par moment sur chacune des notes de sa basse, comme si elle le propulsait par derrière. Le comble? Une touche féminine, celle de Roxanne Gadoua, s’est ajoutée pour un bloc de 3 ou 4 chansons vers la fin, permettant un peu plus de richesse en combinant son piano au guitariste chanteur.
Oui, grosso modo, je louange le groupe. Les seuls points négatifs que j’ai observé ne les concernent pas directement (le mix musical précédent la première partie était plus qu’étrange, la troupe derrière ma blonde et moi lors de la première partie était dérangeante et la majorité du public ne semblait pas intéressé par le spectacle).
On apprenait récemment que le groupe était en studio pour réinterpréter certaines de leurs chansons, en plus d’inclure quelques pièces inédites, afin de produire un premier vrai album. Tout indique que le projet verra le jour de manière complètement indépendante, avec tous les avantages et les inconvénients que ça occasionne…
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