Journée sans travail? Non…
2007.06.20 • Feeling
Mardi dernier, la compagnie pour laquelle je travaille a organisé ce qu’elle appelle un Lac-à-l’épaule, vous connaissez? C’est une belle façon de prétendre nous offrir une journée de congé tout en nous présentant la situation actuelle de l’entreprise, incitant les employés à fournir des pistes de solutions pour l’avenir.
L’intention est bonne, la démarche l’est moins. Le travail à réaliser n’est pas une surprise pour personne, mais le faire dans un endroit qui invite la détente et la relaxation, c’est incohérent.
Bref, après le déjeuner, on nous distribue des feuilles résumant la nature de la rencontre, avec les fameuses questions à développement à répondre individuellement :
- Qu’est-ce que j’ai fait cette année?
- Quelle est ma perception de mon rôle pour l’an prochain suite à la présentation des projets?
- En quoi les autres interviennent-ils pour m’aider dans mon rôle, mes actions, et dans la réalisation de mes mandats?
- En quoi ai-je fait avancer la mission de l’entreprise cette année et en quoi vais-je la faire avancer l’an prochain?
- Qu’est-ce que je veux améliorer pour augmenter mon efficacité et l’efficacité de l’entreprise?
- En quoi voudrais-je être utile pour la bonne cohésion de l’entreprise?
Wow, si au moins nous avions répondu à ces questions embarrassantes et ridicules, cela aurait été réglé pour l’année. Mais non, mis à part la première question (qui est absurde pour un infographiste, d’autant plus que je suis seul et touche littéralement à toutes les productions), le reste devra être répondu plus tard, seul avec mes supérieurs.

Comme vous l’avez peut-être deviné, la réunion a complètement décroché après la première question. Comme vous le voyez dans mon joli graphique-résumé, les pointillés ronds représentent ce qui était prévu, et les pointillés droits ce qui s’est passé. Le fait de descendre ou de remonter n’a rien à voir avec l’appréciation que je porte à ce décrochage — la réunion s’est métamorphosée en autre chose de tout aussi plate.
Donc une fois la première question répondue, les gens donnaient leur perception, généralement bonne et différente de celle de l’individu ciblé, ce qui en réconfortait plusieurs. Est venu le temps par la suite de décortiquer les projets réalisés au cours de l’année, et les gens ont commencé à s’enfarger dans les détails et à vouloir élaborer sur le contenu (la recherche) et la suite des projets pour la prochaine année. Ça, c’est le premier décrochage (qui descend vers le bas, même si le sens n’a rien à voir avec mon appréciation, comme je l’ai stipulé au préalable).
Est venu le temps, après le dîner, de jouer au comptable. La compagnie pour laquelle je travaille mise beaucoup sur la transparence financière… peut-être un peu trop. Bref, l’entreprise n’est pas rentable, et c’est le rôle de tous et chacun de trouver une solution. Facteur de stress : +10 000.
Évidemment, même si l’objectif de la rencontre est de travailler ensemble à trouver des solutions pour la prospérité de l’organisme, mon patron à parler 90% du temps. La journée s’est terminé 1h30 plus tard.
Fin (de l’épisode).
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