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Mes paroles s'envolent

Web 2.0 != AJAX

2008.05.15 • Feeling

Partout, tout le temps, n’importe quand… on décrit le Web 2.0, le Web social comme étant «une révolution», et l’on explique par cet acronyme; AJAX. Pourtant, ça n’a absolument rien à voir…

Qu’est-ce que le AJAX?

AJAX est l’acronyme du terme «Asynchronous Javascript and XML», une technique de programmation excessivement utilisée pour développer des applications web. Sa caractéristique principale est de permettre l’échange d’information entre un serveur et le client sans nécessiter le rafraîchissement du fureteur.

En quelque sorte, le AJAX permet de conserver l’attention de l’usager et facilite l’utilisation d’une plateforme sur laquelle sa technique est appliquée.

Bien que cette technique soit un pilier supportant ce que trop de gens nomment le Web 2.0 (un terme qui finit par agacer tout le monde), il n’en est pas sa description.

Web 2.0 != Logo plastifié sur une table réflexive

On peu à la limite considérer cette mode comme un pseudo mouvement artistique; il manifeste un franc changement, mais ne justifie pas celui-ci. Un site n’est pas social par les couleurs qu’il affiche, mais par les moyens dont il dispose pour faciliter la communication bidirectionnelle avec son public.

Web 2.0 == Web participatif

La participation, la collaboration, l’interaction sur le web existaient bien avant l’avènement de cette vogue. Les forums de discussions étaient installés bien avant le système de commentaires distinctif des blogues, les pages personnelles présentant des textes sur différents sujets existaient bien avant leurs billets et le partage de vidéos existait bien avant YouTube.

Ce n’est pas tant «une révolution» dans son action que dans sa façon. Il est aujourd’hui plus facile que jamais de réagir à un article par écrit, publier du contenu vidéo et le partager, démarrer son propre blogue.

Puisque nous n’avons plus tant à nous soucier de l’aspect technique de publier ou d’interagir, nous pouvons finalement nous concentrer sur l’essentiel : le message.

Conclusions

La conséquence de l’accessibilité à la communication sur le web est une plus forte socialisation. Ce n’est ni une bonne ni une mauvaise chose, je perçois le phénomène comme une lame à double tranchant (les bêtises sur YouTube / la crédibilité de Wikipédia vs le journalisme citoyen / certaine baladodiffusion).

Ce phénomène donne du pouvoir au peuple et influence les grandes entreprises (les chaînes de télévision sont de plus en plus affectées). Par contre, il n’a rien inventé. Seul le temps pourra nous dire s’il s’agit ou non d’une véritable révolution.

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Rédigé par Laurent LaSalle à 11h44

• § •

Parution originale de l'article le Jeudi 15 mai 2008 à 11h44 sous la rubrique Feeling . Inscription via RSS 2.0 pour consulter les commentaires.

Vous pouvez commenter.

5 commentaires

La parole est à vous
  1. C’est pas du vidéo ça le web 2.0?

  2. Commentaire par cfd

    2008.05.15 à 12h01

  3. Dans tout ça, ce qui me dérange peut-être le plus, c’est la présomption de déterminisme technologique (à la McLuhan). On tient pour acquis que c’est la technologie qui change quelque-chose. On croit que c’est le site lui-même qui est «social». Ça me semble abusif et trompeur (”misleading”).

    Pour prendre un exemple dans le monde hors-ligne: la dimension sociale d’attendre en file d’attente à l’épicerie. Il peut ou non y avoir des interactions sociales «explicites» (les gens peuvent ou non se parler, se faire des signes…). Mais le simple fait d’être dans le même contexte implique une dimension sociale très importante. Il y a des règles tacites sur la façon de se comporter, il y a des rôles pré-établis, il y a des négociations de statut, il y a des conséquences à nos actes… Est-ce que c’est vraiment le lieu qui détermine le comportement?

    En sciences sociales, on a tendance à faire l’inverse, à voir du déterminisme social dans tout. Je veux pas faire ça non plus. Alors je préfère parler d’adéquation entre les changements sociaux et les changements technologiques.

    Comme tu l’expliquais, ce qui était nouveau à l’époque du «Web 2.0», c’était la facilité. Cette facilité a accompagné des changements sociaux importants (entre autres, de nouveaux rôles et statuts donnés à ceux qui passaient du temps en-ligne). Le ‘Net devenait “mainstream” et il devenait important de changer certaines façons de construire les outils.

    L’interactivité, qui était fondamentale sur le ‘Net bien avant le Web (Usenet, par exemple, ou les listes de diffusion), est redevenue importante. La facilité que tu décris n’était pas une révolution. Elle était une composante d’un processus plus large qui impliquait bien du monde.

    Et, cette facilité, on peut la décrire sous l’angle d’AJAX. Grâce à un ensemble de nouvelles techniques et quelques utilisations nouvelles de technologies existantes, il est devenu possible de créer des sites qui rendent l’interactivité plus patente. Le lien entre action de l’utilisateur et résultat visible (ou audible) était désormais suffisamment direct pour changer la perception que l’utilisateur avait de la facilité d’interaction «avec la machine». L’interaction avec d’autres êtres humains était pas terriblement facilitée par tout ça, mais les outils sont devenus plus transparents.

    L’interactivité était déjà possible à divers niveaux (on pouvait écrire un message à quelqu’un, rendre disponible un contenu complémentaire à celui qu’on «consommait», prévoir des rencontres avec différentes personnes, ouvrir des listes de diffusion sur divers sujets…). Mais la facilité d’une interface à laquelle on a donné une couche d’AJAX s’est intégrée à la mise de l’avant d’une utilisation à la fois plus individualisée et plus généralisée du Web. Passer du temps sur le Web, c’est plus seulement une question de trouver de l’information spécifique. C’est, comme pour le ‘Net hors-Web, une question d’entretenir une persona, d’accumuler du capital social, de s’approprier des contenus, etc. Il était déjà possible de faire la même chose bien avant l’avènement du Web interactif, mais la nécessité d’utiliser le Web pour ces besoins était peu ressentie. Le Web, c’était la partie du Web où les contenus étaient surtout créés par ceux qui «connaissaient HTML», souvent des gens qui s’étaient spécialisé dans le domaine. Comme j’avais créé une page personnelle (en 20 minutes, fin 1994), j’étais parmi ceux qui utilisaient le Web pour des raisons sociales. Mais ma vie sociale, je la passais sur des listes de diffusion, dans des groupes de discussion, dans des conversations synchrones et, surtout, dans mes rapports hors-ligne avec des gens que je rencontrais de diverses façons (hors-ligne ou en-ligne). J’utilisais le Web de façon sociale en discutant de ce que j’avais vu en-ligne. Mais, alors comme maintenant, la socialisation se passait hors-Web. Pas parce que les outils n’existaient (ou n’existent toujours) pas. Mais parce que la vie sociale ne dépend pas d’outils.

    Jusqu’à la fin de la Bulle, la plupart des geeks étaient trop occupés pour «socialiser» en-ligne. Les non-geeks en-ligne utilisaient le ‘Net, y compris le Web, pour agrémenter divers rapports sociaux. N’importe quel élément en-ligne pouvait être utilisé, depuis la blague retransmise à 25 personnes par courriel au fichier MP3 transigé à large échelle par Napster. Les réseaux sociaux comme SixDegrees.com avaient pas trop la cote, mais les gens se liaient de l’un à l’autre par différents moyens. Y compris par l’entremise de sites Web.

    Depuis l’éclatement de la Bulle, les geeks se sont attelés à la tâche de créer les outils qui convenaient à leurs besoins. Y compris pour leurs besoins sociaux. Naissance des blogues, regain de popularité pour les systèmes de réseautage en-ligne, création de divers sites de partage de contenus… L’aspect social du ‘Net pré-Web associé à l’aspect commercial du Web, saupoudré d’AJAX. Technologiquement, presque rien de nouveau. Socialement, un changement perceptible mais très localisé. Résultat: une série de changements surévaluée en tant que «révolution».
    J’imagine que tu crois que je me contredis. Peu importe. Ce que j’essaie d’expliquer, c’est qu’une nouvelle fonction d’un site ne peut être considérée comme «sociale» que dans son utilisation. Évidemment, certaines fonctions sont conçues pour être utilisées de façon sociale. Mais ce n’est pas une relation de causalité qui lie l’ajout d’une fonction à la dimension sociale d’un site.

    Je sais qu’on pense différemment sur tout ça. C’est bin correct de même. J’essaie juste d’expliquer que, pour quelqu’un en sciences sociales, parler d’un site Web comme étant «social», ça sonne pas mal drôle.

    Aussi, je suis bien conscient que les gens utilisent de plus en plus le Web pour diverses interactions sociales. Le Web en général est, en ce sens, plus propice à la socialisation, aux rapports sociaux, à la création de groupes sociaux restreints ou ouverts. Mais les outils utilisés par un site spécifique ont relativement peu d’importance dans tout ça.

    Ce qui a déclenché ma série de tweets, c’était la description de Google Friend Connect qui parlait de «rendre votre site (Web) social». Comme si l’ajout d’éléments conçus pour faciliter l’interaction entre visiteurs d’un site pouvait transformer ce site de «non-social» à «social». Si on galvaude le terme «social» au point qu’il ne puisse signifier que «l’intégration sociale d’individus par l’entremise d’un moyen de communication bidirectionnel», on s’expose à deux types de critique lorsqu’on utilise cette acception du qualificatif «social» pour décrire un site: l’une sociologique (il y a bien plus dans la socialisation que la simple communication médiée) et l’autre pratique (les moyens de communication ont peu changé au niveau de ce qu’ils rendent possible).

    Quand t’as parlé d’AJAX, je me suis simplement dit que c’était une bonne façon de résumer la situation. On a saupoudré du AJAX sur des moyens qui existaient avant le Web pour rendre la partie Web du ‘Net légèrement plus facile d’utilisation dans divers contextes sociaux qui étaient en train de gagner en importance auprès de la partie de la population qui avait accès au ‘Net. Si c’était ça, le «Web 2.0», c’était suffisamment cool pour mériter un certain pourcentage des mentions qu’on en fait, au cours des années. Mais si on pense que le Web (ou, pire, un site Web spécifique) est subitement «devenu social», on assigne au Web des influences qui lui sont externes et/ou on limite à outrance l’utilisation du terme «social».

    Dans tout ça, j’essayais pas d’avoir une discussion sur le sens du «Web 2.0». Je réagissais juste sur l’utilisation (d’après moi abusive) du terme «social» dans la description d’un service plutôt cool mais bien circonscrit dans ses implications sociales concrètes.

    Quoi qu’il en soit, j’espère que WordPress.com va bientôt ajouter Google Friend Connect. J’aimerais ça si mon blogue principal devenait social et qu’il pouvait aller interagir avec ses tinamis, les autres blogues et sites du Web social… ;-)

  4. Commentaire par Alexandre

    2008.05.15 à 14h18

  5. Je vais me coucher plus intelligente aujourd’hui!

    Ce que je trouve bien de cette plate-forme est que tu peux choisir le groupe qui t’intéresse et ainsi eviter de faire du menage. Le reste suit tout seul quand tu as les meme gout et intérets que le groupe dont tu adheres.
    Est-ce- une revolution? Je ne sais pas mais la seule chose que je peux dire est que pour moi, c’est juste un autre moyen de sociabiliser parmis tant d’autre. Par contre, il n’y aura rien qui pourra remplacer le coté humain des rencontres. Comme ce blogue tiens! Si je ne t’avais pas connu en vrai, il y a de forte chance qu’on ne ce soit pas connu sur le net et donc, je serais passé a coté du gars super chouette! Disont que c’est plutôt un moyen d’aborder les gens comme d’autres moyens.

  6. Commentaire par Karla

    2008.05.22 à 17h27

  7. Rien à battre au fond.

  8. Commentaire par Le Tapageur

    2008.05.30 à 15h47

  9. @Tapageur Wha-whaon.

  10. Commentaire par Alexandre

    2008.05.30 à 19h03

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